La Campagne

« Les jeunes contre le discours de haine en ligne » est un projet du secteur jeunesse du Conseil de l’Europe qui sera mis en œuvre sur la période 2012-2014. Il vise à combattre le racisme et la discrimination qui s’expriment dans les discours de haine en ligne en mobilisant les jeunes et les organisations de jeunesse pour reconnaître et agir contre ces violations des droits de l’homme. Le projet mise sur la participation des jeunes et le principe de cogestion. Il a été initié par les représentants de jeunesse au sein du Conseil mixte pour la jeunesse, l’instance qui rassemble les membres du Conseil consultatif pour la jeunesse et les représentants gouvernementaux siégeant au Comité directeur européen pour la jeunesse). Par conséquent, le projet est mené par les jeunes, avec le soutien des institutions gouvernementales de jeunesse.

Une campagne de jeunesse

La campagne est élaborée dans le cadre de plusieurs séances de consultation avec des jeunes et des représentants de jeunesse, ce qui en fait aussi bien une campagne par les jeunes et avec les jeunes. Ces derniers jouent en effet un rôle central dans la campagne en participant à ses activités en ligne et hors ligne et en étant ses principaux représentants. La campagne, qui est menée par des jeunes âgés de 13 à 30 ans, s’adresse à tous.

Une campagne pour les droits de l’homme en ligne

La campagne n’a pas pour but de restreindre la liberté d’expression en ligne. Il ne s’agit pas non plus de faire preuve d’amabilité les uns envers les autres sur internet. La campagne est dirigée contre le discours de haine en ligne sous toutes ses formes, et compris celles qui font le plus de dégâts auprès des jeunes, à savoir l’intimidation et la haine dans le cyberespace. Elle repose sur l’éducation aux droits de l’homme, la participation des jeunes et la formation aux médias.

Une campagne à plusieurs volets

La campagne vise à :

  • sensibiliser au discours de haine en ligne et aux risques qu’il présente pour la démocratie et pour les jeunes ;
  • promouvoir la formation aux médias et à internet ;
  • aider les jeunes à défendre les droits de l’homme, en ligne et hors ligne ;
  • abaisser le seuil de tolérance à l’égard du discours de haine en ligne ;
  • mobiliser, former et mettre en relation les jeunes militants des droits de l’homme en ligne ;
  • recenser les discours de haine en ligne et créer des outils pour réagir de façon constructive ;
  • apporter un soutien et témoigner de la solidarité aux personnes et aux groupes visés par le discours de haine en ligne ;
  • appeler à un consensus sur les instruments politiques européens de lutte contre le discours de haine ;
  • encourager la participation et la citoyenneté des jeunes en ligne.

Même si elle se fonde sur internet, la campagne aura aussi une dimension hors ligne importante, avec notamment des formations, des séminaires, des manifestations de jeunesse et des festivals. Les dimensions locale et linguistique de la campagne sont très importantes ; c’est pourquoi ses éléments en ligne devraient être conçus de façon à faciliter son adaptation aux réalités culturelles et linguistiques des différents pays. La Campagne veillera en particulier à associer les milieux scolaires, mais aussi l’éducation non formelle et le travail de jeunesse.

Groupes cibles

Les cibles principales de la campagne sont le grand public et les militants en ligne. “Victimes” et “haineurs” seront également pris en considération à travers des mesures spécifiques au sein du projet.

Groupes cibles Sphère personnelle et interpersonnelle Société civile Contexte social plus large Aspect législatif Domaines d’action politiques
“Victimes” Responsabilisation Méthodes pour l’intégration des victimes Intégration sociale et culturelle Davantage de protection légale Meilleures politiques en faveur des minorités
“Haineurs” Alternatives à l’expression d’opinion Autres possibilités d’implication Davantage de pression sociale Une approche légale conséquente Une plus faible justification politique
Militants Contre arguments et outils pratiques Meilleure mise en réseau Davantage de soutien et de reconnaissance Soutien juridique concernant la prévention et les mesures Davantage de reconnaissance politique et plus de soutien
Public Conscience Engagement actif de la société civile Une plus forte opinion publique contre les discours de haine Davantage de transparence entre gouvernements Moins d’extremisme politique, plus de démocratie

Une campagne, des campagnes

La campagne repose sur une plateforme et un programme d’activités européens gérés par le Service de la jeunesse du Conseil de l’Europe, sous l’égide du Conseil mixte pour la jeunesse. Cette dimension européenne sert de cadre général à l’organisation des campagnes nationales et locales. Les campagnes nationales seront mises en œuvre avec la participation active des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux du domaine de la jeunesse, dans un esprit de cogestion. La mise en place des comités de campagne incombe aux partenaires gouvernementaux du secteur de la jeunesse au Conseil de l’Europe (par l’intermédiaire du Comité directeur européen pour la jeunesse) ; cependant, si aucun comité n’est constitué, le Conseil de l’Europe encourage les initiatives conjointes des partenaires non gouvernementaux dans les pays concernés. Des comités nationaux de campagne sont en cours de formation dans une vingtaine d’Etats membres et d’autres devraient prochainement voir le jour. La campagne devrait être en ordre de marche dans la majorité des Etats membres d’ici au 21 juin 2013. La campagne s’adresse à tous : toute personne ou organisation devrait se sentir libre d’y participer et de mener des actions individuelles ou collectives.